La législation française fait qu’il ne peut entrer dans la composition d’un gazon que des espèces et variétés inscrites sur un catalogue officiel. C’est un gage de qualité qui évite que ne soient proposées, comme c’est le cas dans de nombreux autres pays, des espèces fourragères à l’aspect grossier ou des plantes annuelles qui disparaissent peu de temps après avoir été semées.
Le ray-grass anglais (Lotium perenne) C’est sans doute la graminée la plus couramment proposée dans les mélanges. La principale raison en est qu’elle offre une couverture très rapide (moins de 8 jours pour la levée dans les meilleures conditions), qu’elle vient bien dans pratiquement tous les sols et qu’elle supporte très bien le piétinement. De plus, son coût est assez faible.
En contrepartie, son aspect n’est pas des plus fins et sa vigueur la conduit à étouffer les autres espèces voisines. Mieux vaut éviter ks mélanges qui comportent plus de 50 % de ray-grass anglais. Attention, ne le confondez pas avec le ray-grass d’Italie, une fourragère annuelle. On trouve le ray-grass anglais aussi bien dans les pelouses fines que dans les mélanges destinés aux terrains de jeux.
L’agrostide (Agrostis) Cette graminée entre souvent dans la composition des mélanges pour pelouses fines d’agrément. Du fait de sa croissance particulièrement lente, elle permet des tontes courtes visant à obtenir une surface dense et veloutée. Les espèces les plus fréquemment employées sont l’agrostide commune (A. tenuis), A. palustris et A. canine.
La fétuque (Festuca) Sous ce nom de genre, on regroupe plusieurs espèces, différentes par leur aspect et leur usage. Toutes s’adaptent bien aux terrains difficiles et résistent à la sécheresse. La fétuque ovine (F. ovina) est une graminée de petite taille dont la base des feuilles est enveloppée par une gaine rougeâtre.
Sa croissance est assez lente, car elle pousse en touffettes, mais elle demande des tontes moins rapprochées que les autres fétuques.
La fétuque rouge (F. rubra) est également lente à s’installer. On la trouve toutefois dans des proportions importantes dans les compositions en raison de sa faculté de croître dans les sols pauvres et caillouteux.
Plusieurs sous-espèces sont utilisées : demi traçante (F rubra tricophylfa), bien résistante au piétinement et restant verte même en hiver, traçante (F rubra rubra), rustique mais d’aspect un peu grossier, gazonnante (F. rubra commutata), recommandée pour les gazons très fins d’ornement, car très jolie d’aspect.
Le pâturin (Poo) Il s’agit d’un genre plutôt esthétique, vert tout au long de l’année, malheureusement assez sensible aux maladies. Deux espèces sont régulièrement utilisées. Le pâturin commun (P trivialis) s’adapte bien dans les sols plutôt humides. Le pâturin des prés (P pratensis) possède des feuilles fines, ce qui le conduit à figurer dans les compositions de qualité.
Aux côtés de ces graminées très cour-antes, on trouve également des plantes gazonnantes qui peuvent, dans certains cas, avoir un intérêt.
Le chiendent (Cynodon dactylon) II est plus souvent considéré comme une mauvaise herbe que comme une plante à gazon. Mais sa résistance à la sécheresse et sa croissance régulière même dans les terrains les plus pauvres le rendent utile pour stabiliser des talus grâce à ses racines stolonifères qui maintiennent le sol. On l’emploie notamment dans les pelouses des jardins du Midi.
La fléole (Phleum) La fléole noueuse (P nodosum) au feuillage fin et résistant bien au froid, est recommandée pour les jardins d’altitude. La fléole des prés pratense) a une croissance faible et pousse dans les zones humides.
Dans les régions qui bordent la Méditerranée, l’installation d’un gazon pose souvent problème en raison du climat chaud et sec qui y règne. Quelques plantes résistent malgré tout à ces conditions de vie et forment un gazon, un peu grossier d’aspect, mais bien dense.
Il s’agit du kilcuyu (Pennisetum clandestinum) qui se multiplie par semis ou par bouturage, et du dichondra (Dichondra repens), une petite vivace rampante aux tiges courtes, résistant bien au piétinement.
Dans tous les cas, quelle que soit la composition proposée, l’emballage doit obligatoirement porter une étiquette indiquant la destination du mélange, le nom de ce mélange, le nom des espèces et leur pourcentage en poids, la référence du lot, le poids et la date du conditionnement. Soyez-y attentif.